Bien vivre sa grossesse à New York City

Je vois régulièrement des questions de futures mamans qui s’interrogent sur la grossesse et la maternité aux USA.

Quelles sont les différences?

Quel est le suivi? Combien d’échographies?

Comment choisir son gynécologue? Et son hôpital?

Existe-t-il des sages-femmes?

Comment se passe la préparation à l’accouchement? Et le retour à la maison?

Ayant vécu les deux expériences, en France à Paris et aux États-Unis à New York City, je voulais partager mon expérience de jeune maman.

Il y a de nombreuses différences dans le suivi et l’approche de la grossesse.

Ces différences sont liées à la culture, au système de santé et aussi à la ville.

Le système américain est très particulier, avec un fonctionnement essentiellement basé sur les assurances privées, un système médical privé et une sur-médicalisation liée aux risques de poursuites judificaires en cas d’erreur médicale. Chaque médecin est bien sûr différent, mais cette peur du procès reste quand même latente dans tous les échanges avec le corps médical.

Bien choisir son OBGYN et son hôpital

À New York, la première étape est de choisir son médecin accoucheur/gynécologue (OBGYN) qui est affilié à un hôpital.

Pour le choisir, il faut toujours vérifier auprès de son assurance santé que les frais sont bien pris en charge et que l’OBGYN est couvert par son assurance.

Certaines assurances couvrent très bien (nous avons Oxford UnitedHealthcare), avec seulement un paiement de $25 par examen (copay). D’autres vont demander d’avancer les frais.  Je demande systématiquement avant de prendre un rdv avec un nouveau médecin s’il est couvert par mon assurance.

Ou je passe par le site zocdoc.com qui me sélectionne les médecins en fonction de mon assurance.

L’idéal est d’avoir déjà son médecin et de l’informer rapidement de sa grossesse, pour s’assurer qu’il sera disponible à la date prévue d’accouchement. Certains bons médecins, comme la mienne, peuvent être overbookés et refuser de nouvelles patientes.

Mais rien n’empêche de changer d’OBGYN en cours de grossesse, ou de le choisir à 2 ou 3 mois de grossesse. L’avantage de New York est qu’il y aura toujours un médecin disponible et de la place pour accoucher!

Et la majorité des hôpitaux ont une excellente réputation. Sur Manhattan & Brooklyn vous en trouverez une dizaine. Voici quelques uns que je recommande:

  • Downtown : NewYork-Presbyterian Lower Manhattan Hospital
  • Midtown : NYU Langone Medical Center and School of Medicine
  • Upper East Side : Lenox Hill, NewYork-Presbyterian/Weill Cornell, Mount Sinai UES
  • Upper West Side : Mount Sinai West
  • Brooklyn : Brooklyn Hospital Center, NewYork – Presbyterian Brooklyn Methodist Hospital

Pour les grossesses à risque, il est plus sûr d’être suivi dans l’un des grands hôpitaux de Manhattan, car il aura tous les services disponible en cas de complication (type Necker à Paris).

Pour celles qui recherchent des alternatives à un accouchement trop médicalisé, le site Mommy Poppins (site très utile pour trouver des activités avec des enfants à NYC) recommande plusieurs Birth Center:

 

New York a la réputation, comme la plupart des grandes villes, d’avoir un taux important de césariennes (entre 30 et 40%). Je ne pense pas plus qu’à Paris. Je n’ai personnellement pas eu de césarienne et toutes les amies que je connais qui en ont eu, c’était vraiment pour la sécurité du bébé et de la maman!

Il n’empêche qu’il faut bien s’informer et se faire accompagner si besoin par un médecin-accoucheur / une sage-femme (ou une doula) de confiance pour s’assurer que les équipes médicales ne font pas du zèle.

Ici donc pas besoin de s’inscrire en maternité le plus tôt possible (et souvent avant les 3 mois) comme en France (c’est différent pour les hôpitaux) pour être sur d’avoir une place!

Cela enlève un stress, une fois le médecin choisi et prévenu, il n’y a rien à gérer avec l’hôpital.

Il est toujours possible de visiter l’hôpital, pour savoir au moins quelle adresse donner au taxi le jour J.

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Le suivi de grossesse

A partir du moment où le médecin est choisi, il y a toute une batterie de tests et échographies, dont le nombre va dépendre de son âge, des antécédents, et de l’évolution du bébé et de la grossesse.

Cela peut donc aller de 3 (le minimum) à 10+ échographies.

Pour les tests sanguins, ce que j’ai remarqué c’est qu’ils ne testent pas la toxoplasmose (sauf la mienne qui a fait du zèle) car cela n’existe quasiment pas aux États-Unis. Je faisais également toutes mes prises de sang chez mon médecin, ce qui évite les heures d’attente et déplacements dans des laboratoires médicaux.

En début de grossesse, il y a une analyse d’une centaine de maladies, dont on nous remet le rapport. Entre 10 et 12 SA, il y a le Nuchal test et la prise de sang qui permet de détecter la trisomie 21 (Down Syndrom).

Petite parenthèse linguistique : une grossesse aux Etats-Unis implique un apprentissage de vocabulaire très spécifique et beaucoup de moments de grande solitude! Déjà que les douleurs et désagréments de grossesse sont difficile à vivre, mais quand en plus on doit rechercher sur linguee.com la traduction de “vergetures”, “nausées”, “contractions”, “crampes”, “jambes lourdes”… J’ai bien doublé mon vocabulaire médical en moins de 2 ans!

Heureusement, le language des signes fonctionne très bien pour la majorité des symptômes. 😉

Revenons aux différents étapes.

Après le Nuchal Test (10-12 SA), tu as le Early Anatomy Scan (16 SA) ou Anatomy Scan (18 SA) ou Late Anatomy Scan (20 SA). Cette échographie faite entre 4 mois et 5 mois permet de vérifier qu’il n’y a pas d’anomalies et que tous les organes du foetus se développent normalement. C’est aussi l’échographie qui permet de confirmer le sexe du bébé.

Et si tout va bien, la prochaine échographie a lieu entre 30 et 32 SA (environ 7 mois de grossesse) pour vérifier que le bébé va bien, est bien positionné pour l’accouchement (tête en bas).

Ce sont les étapes pour une grossesse classique.

Tu peux avoir des échographies plus poussées, comme la Fetal Echo pour vérifier le coeur. Et si la future maman a plus de 35 ans, le suivi est plus régulier avec 1 ou 2 échographies en plus.

Si les résultats des tests montrent des problèmes potentiels de développement (CMV, antécédents de fausse couche ou problèmes génétique, PMI, malformation cardiaque, petite taille), le suivi peut aller jusqu’à toutes les deux semaines (et toutes les semaines pour le dernier mois de grossesse).

Dans la majorité des cas (et je l’espère pour vous qui me lisez), il y aura entre 3 et 5 échographies sur toute la grossesse, et des rendez-vous réguliers (tous les mois puis toutes les semaines en fin de grossesse) chez votre OBGYN.

J’ai cependant trouvé que la communication autour des différentes étapes n’étaient pas très claires ou au contraire trop alarmiste. Cela crée des situations de stress qui ne sont pas très agréables, peu importe le contexte de la grossesse. Mais je reviendrai dessus lors de mon article sur l’accouchement et les différents témoignages de mamans que j’ai reccueilli.

La préparation à l’accouchement

Pour la préparation à l’accouchement, à New York elle peut se faire via l’hôpital, mais le coût et le peu de disponibilité m’ont personnellement découragé.

Ayant suivi une préparation très complète à Paris la première fois, j’estimais connaître les “bases” pour les suivantes.

Pour celles qui souhaitent se préparer, il est possible de réserver ces séances auprès de son hôpital ou de passer par des nurses (infirmière/sage-femme) ou des doula.

La doula est une experte en accouchement (mais pas nécessairement de formation de sage-femme), à choisir de préférence 4 à 6 mois avant sa date prévue d’accouchement, qui va accompagner la femme enceinte pendant tous ces longs mois, répondre à ses questions, ses angoisses, la préparer physiquement et mentalement à son accouchement.

Pour celles qui attendent leur premier enfant ou qui ne sont pas bilingues anglais, c’est bien d’”avoir quelqu’un qui est de son côté”. La doula vient à domicile, plusieurs fois avant l’accouchement et surtout le jour J. 

Elle apprend les exercices de respiration, fait des massages, et montre les positions pour supporter la douleur.

Elle accompagne la future maman à l’hôpital, est là pour le triage et normalement l’accouchement.

Mon amie Laurène me disait que sa doula lui a permis d’éviter des heures d’attente à l’hôpital car son pré-travail était particulièrement long (>12 heures).

La doula est vraiment une personne de confiance, qui va permettre d’évaluer le bon moment pour aller à l’hôpital et “défendre ses droits” en face des équipes médicales pour que les souhaits de la maman soient respectés (pas de césarienne sauf urgence, pose de la péridurale au bon moment, communication avec les infirmières).

Une doula a un certain coût, entre $1100 et $3000, et n’est pas remboursée par les assurances. Beaucoup de françaises que je connais sont passées par des doula. Et elles ne regrettent par leur choix!

Pour les noms, n’hésitez pas à me demander par email le nom de celles que je recommande!

Pour se préparer, il est aussi possible de pratiquer du yoga prénatal.

Tous les quartiers ont leur centre de yoga, et la plupart proposent du yoga prénatal.

J’en ai fait beaucoup à Paris, mais à New York je n’ai pas trouvé le temps ni l’énergie d’y aller.

Dans mon quartier à Astoria/LIC, les cours de yoga prénatal que je vois le plus souvent recommandés sur les forums de maman sont The Yoga Room, The Giving Tree Yoga Studio (à Ditmars).

Mes amies à Brooklyn allaient chez bend+bloomYOGA.

A Paris je faisais beaucoup d’aquabiking et après de recherches Google infructueuses, j’ai fait appel à la communauté de mamans d’Astoria qui m’a donné une adresse à Tribecca, Aqua Studio NY (que je dois encore tester!). J’ai vu qu’ils avaient lancé un Mama Glow Pre/Postnatal Yoga, avec une Intro Class à $30, je vais peut-être me laisser tenter!

Ici j’ai testé le floating chez Sacred Waters à LIC, une expérience particulière car tu flottes dans une baignoire remplie de sel pendant 45 minutes, dans le noir, avec une musique relaxante. Un bon moyen de connecter avec son bébé et à éviter si on est claustrophobe. Plus d’info ici avec toutes les recommandations et bénéfices du floating.

Autre activité détente possible: le massage prénatal.

Pour celles adeptes de massage, voici ceux que j’ai le plus vu recommandés:

À Long Island City: Earth + Sky Healing Arts, Oak Point.

À Manhattan: Bliss Spa.

Etant suivie par une excellente kiné (PT) qui me masse pendant 1h30 pour $50 (copay je précise), c’est imbattable par rapport à un massage en spa à $200.

Mais je compte bien m’en offrir un (ou me le faire offrir, à bon entendeur ;-)!) car le plaisir d’un spa, le sentiment de se faire plaisir et de prendre du temps pour soi, cela n’a pas de prix!

À Paris, j’allais souvent chez l’osthéopathe, mais à New York ils sont très rares. Heureusement que j’avais ma kiné qui a fait des miracles, car sinon j’aurai assez mal vécu la moitié des mes grossesses! Et depuis, j’ai fait la connaissance d’une osthéopathe très sympa, Constance (coordonnées sur demande) donc je n’hésiterai pas à faire à elle (y compris après la naissance car elle s’occupe des nourissons!).

L’acupuncture m’a également bien aidé. Je vais régulièrement voir Galina (Acupuncture for All) à Astoria, qui m’a d’ailleurs bien inspiré dans ma reconversion professionnelle avec toutes nos discussions autour de la santé, la nutrition et le bien-être! Là encore, c’est non remboursé, donc il faut prévoir un budget entre $60 et $150 par séance.

 

Globalement, le suivi et la préparation à l’accouchement sont vraiment à la demande. Il est possible de trouver beaucoup de ressources, mais elles sont rarement gratuites / prises en charge par les assurances, donc c’est un véritable investissement (sans compter le coût de l’accouchement qui commence à $6000).

New York City est une ville qui offre des centaines de possibilités, il faut juste savoir chercher et bien s’informer! Le fait aussi d’avoir vécu une première grossesse en France a fait que j’ai peut-être moins chercher à être accompagnée ici.

Je suis preneuse de toutes les bonnes adresses que vous aurez pour compléter cet article (notamment sur Manhattan) et n’hésitez pas à me contacter si vous voulez plus d’infos!

Je reviendrai dans un prochain article sur l’accouchement et le suivi post-natal, ainsi que mes expériences personnelles et celles de mes amies.

 

A bientôt!

Marie

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3 commentaires sur “Bien vivre sa grossesse à New York City

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